Partager les dépenses au prorata des salaires : le calcul, étape par étape

Avec 1 500 € d'un côté et 2 500 € de l'autre, on ne paie pas chacun la moitié du loyer : on consent le même effort. Le calcul qui le traduit tient en trois lignes, et les désaccords naissent presque toujours sur la ligne de départ.

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Partager au prorata des salaires, c'est faire payer à chacun le même pourcentage de son revenu, et non la même somme. Avec deux revenus de 1 500 € et 2 500 €, les parts ne sont pas de 50 et 50 mais de 37,5 % et 62,5 %, et celui qui gagne le moins ne finit plus le mois avec un tiers de ce qu'il a.

Le principe tient en une ligne. Ce qui fait débat, c'est toujours le reste : quels revenus comptent, que faire quand les salaires changent chaque mois, et s'il vaut vraiment mieux choisir le prorata pur ou l'une de ses deux variantes. Cet article parle de calcul. Si vous cherchez plutôt une vue d'ensemble des méthodes en couple, nous l'avons écrite ici : comment partager les dépenses en couple.

Aucune référence aux lois, aux régimes matrimoniaux ou à la fiscalité : ils varient d'un pays à l'autre, alors que le calcul reste le même.

Comment partager les dépenses au prorata des salaires : le calcul en trois étapes

  1. Additionnez les revenus. 1 500 € + 2 500 € = 4 000 €.
  2. Calculez la part de chacun. 1 500 / 4 000 = 37,5 %. 2 500 / 4 000 = 62,5 %. Les deux parts font 100 % : c'est le seul contrôle nécessaire.
  3. Appliquez les parts au total des dépenses communes, et non à chaque dépense une par une si vous ne le souhaitez pas.

Quels revenus entrent dans le calcul

C'est là que le calcul se grippe, pas dans la division. Mettez-vous d'accord une fois pour toutes, et notez-le :

  • le net, pas le brut. On partage ce qui arrive sur le compte, pas ce qui figure sur le contrat ;
  • les revenus réguliers autres que le salaire comptent : loyers perçus, allocations reçues, une seconde activité ;
  • le treizième mois et les primes se divisent par douze et s'ajoutent, ou bien restent en dehors et se traitent à part quand ils arrivent. Les deux choix se défendent ; ce qui ne se défend pas, c'est de laisser la question dans le flou ;
  • les dettes contractées avant la relation ne se déduisent pas du revenu. Ce sont des dépenses personnelles, pas des revenus en moins : les déduire ferait payer aux autres un prêt qu'ils n'ont pas signé.

On refait le calcul quand quelque chose change, pas chaque mois. Une promotion, un congé, un emploi perdu : on se rassoit dix minutes et on met le pourcentage à jour. Une clé calculée sur les salaires d'il y a trois ans n'est plus une clé.

Trois variantes, et ce que change chacune

Le prorata pur

Celui de l'exemple : chacun paie son pourcentage de revenu. Il reste à chacun le même pourcentage.

C'est le plus simple à calculer et le plus facile à défendre. Sa limite apparaît quand les revenus sont très bas : 65 % de 1 500 € ne valent pas 65 % de 2 500 €, et sous un certain seuil, le pourcentage qui reste compte moins que l'argent qui reste.

Le prorata après un minimum garanti

On met de côté pour chacun la même somme minimale, et on ne répartit au prorata que ce qui reste.

Avec 800 € garantis par personne, il reste 700 € et 1 700 € à comparer, soit 29,17 % et 70,83 %. Sur les mêmes dépenses communes, cela fait 408,33 € et 991,67 € : la somme fait toujours 1 400 €, au centime près.

Celui qui gagne le moins paie environ 117 € de moins qu'avec le prorata pur. C'est la variante utile quand un revenu est bas dans l'absolu, et pas seulement bas par rapport à l'autre.

Le même reste à vivre pour chacun

On part de la fin : une fois tout payé, il doit rester à chacun la même somme. 4 000 € moins 1 400 €, cela fait 2 600 €, soit 1 300 € par personne. Le premier paie donc 200 €, la seconde 1 200 €.

C'est la plus équitable au sens strict, et aussi la plus dure à accepter, parce qu'elle rend l'écart de revenus visible chaque mois. Elle fonctionne dans les couples qui mettent vraiment tout en commun ; dans une colocation entre amis, personne ne la propose.

Quand les salaires changent chaque mois

Quand on est indépendant, payé à la commission ou soumis à des horaires variables, on n'a pas de pourcentage stable, et le recalculer chaque mois transforme la méthode en travail à part entière.

Deux façons de faire qui tiennent dans la durée :

  • la moyenne des douze derniers mois, revue une fois par an. C'est la plus simple, et elle absorbe les variations saisonnières ;
  • le recalcul trimestriel, si les revenus varient beaucoup. C'est plus précis, et cela fait quatre discussions par an au lieu d'une.

Dans les deux cas, le pourcentage décidé s'applique jusqu'à la révision suivante, même le mois où l'un des deux gagne peu. Ceux qui recalculent au mois le mois finissent par parler d'argent douze fois par an, ce qui est exactement l'inverse de ce qu'on cherchait.

Comment faire avec Kotisso

Kotisso tient les comptes, ne touche pas à vos comptes bancaires et ne déplace pas d'argent. La clé de répartition selon les revenus se règle sur la dépense, de deux façons, toutes deux incluses dans la version gratuite :

  • Pourcentages : saisissez 37,5 et 62,5. La somme des pourcentages doit faire exactement 100 %, et tant que ce n'est pas le cas, la dépense ne s'enregistre pas ;
  • Par parts : 1 500 et 2 500 se simplifient en 3 parts et 5 parts. Même résultat, sans décimales à recopier, et c'est la forme la plus pratique quand la clé est un rapport simple.

Sur une dépense de 1 400 €, les deux méthodes donnent les mêmes montants, 525 € et 875 €. L'arrondi, c'est le compte qui s'en charge, pas vous : les parts sont arrondies de sorte que leur somme fasse toujours, au centime près, le total de la dépense. Aucun centime n'apparaît ni ne disparaît.

Le loyer et les factures s'enregistrent comme dépenses récurrentes : elles reviennent toutes seules chaque mois avec la même répartition, et personne n'a à y penser. En fin de mois, le solde indique qui doit combien, et le décompte s'exporte en tableur et en PDF, gratuitement.

Une chose que Kotisso ne fait pas : appliquer une clé à toutes les dépenses futures du groupe d'un seul interrupteur. La répartition appartient à chaque dépense, et c'est la récurrence qui la reproduit. En pratique, vous la réglez une fois sur le loyer et les factures, et ce sont ces lignes-là qui pèsent.

Si vous êtes encore en train de choisir votre outil, notre comparatif indique aussi lesquels sont gratuits et lesquels ne le sont pas : Tricount est-il gratuit ou payant ?

Les questions qui reviennent toujours

Comment calculer la répartition des dépenses au prorata des salaires ? On additionne les revenus nets, on divise le revenu de chacun par ce total pour obtenir son pourcentage, et on applique ce pourcentage aux dépenses communes. Avec 1 500 € et 2 500 €, les parts sont de 37,5 % et 62,5 % : sur 1 400 € de dépenses, cela fait 525 € et 875 €, et il reste à chacun 65 % de ce qu'il gagne.

Partager au prorata des revenus, est-ce plus juste que moitié-moitié ? Tout dépend de ce qu'on appelle juste. Moitié-moitié, chacun paie la même somme ; au prorata, chacun consent le même effort. Le partage moitié-moitié est parfait avec des revenus proches et devient lourd quand ils s'éloignent : avec 1 500 € et 2 500 €, moitié-moitié, il reste 53 % à l'un et 72 % à l'autre.

Et si l'un des deux n'a pas de revenus ? Le prorata pur lui attribue 0 %, ce qui est mathématiquement exact et doit être dit à voix haute plutôt que subi. Les couples dans cette situation choisissent généralement le même reste à vivre, ou bien un minimum garanti pour celui qui ne gagne rien, afin que cette personne dispose d'une somme à elle dont elle n'a pas à rendre compte.

À quelle fréquence refaire le calcul ? Quand les revenus changent, et au moins une fois par an. Avec des revenus variables, la moyenne des douze derniers mois revue chaque année évite de tout rediscuter chaque mois.

Cela s'applique-t-il aussi à une colocation entre amis ? Oui, avec une différence : entre colocataires, on partage généralement à parts égales, parce que personne ne veut dire combien il gagne. Le prorata intervient plutôt quand les chambres ne sont pas identiques ou quand une personne est présente moins de jours. La méthode est la même, seul le critère change : partager les dépenses entre colocataires.

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